Fez : Test

Après avoir vu un documentaire sur Netxflix via PlayStation 4, « Indie Game : The Movie », on a décidé de tester Fez, un jeu de plates-formes développé par le studio indépendant montréalais Polytron Corporation. Comme si « rien n’était », le titre, vendu à 1 million d’exemplaire le 9 décembre 20132, à l’Independent Games Festival, a remporté le prix Excellence in Visual Art en 2008, a été nommé pour Design innovation la même année, et a remporté le grand prix en 2012.

Effectivement on avoue que le jeu se présente très bien et qu’il nous a tout de suite conquis.

Notre histoire commence avec Gomez qui vient de se réveiller. Ce brave petit bonhomme n’a jamais quitté son village et il vit paisiblement dans un monde bidimensionnel : jusqu’à maintenant ni lui ni ses proches n’ont conscience de la notion même de profondeur, ils vivent constamment sur le même plan et se satisfont sans mal de cette platitude. L’existence du brave Gomez prend un tournant inattendu lorsqu’il reçoit un artefact magique : un petit couvre-chef rouge. Muni de ce fameux fez, il est désormais capable de passer d’une perspective à l’autre, ce qui va lui permettre d’explorer un monde d’une immensité insoupçonnée. Il ne s’agit pas pour lui de faire du tourisme, il doit mettre la main sur tous les fragments d’un énorme cube doré. Ces derniers sont éparpillés un peu partout et le fait de les collecter vous ouvrira les portes vous permettant de progresser.




Fez

Un gameplay intéressant

FezLe joueur doit donc régulièrement changer de perspective avec la caméra, basculant dans un autre plan afin de déplacer le personnage sur une autre dimension. Ce principe peut se rapprocher des jeux Super Paper Mario, Crush, Echochrome, Nebulus et Miegakure.

Le but du jeu est de collectionner des pièces de cubes, qui sont obtenues soit par simple exploration du niveau, ou soit par résolution de casse-tête. Les pièces de cubes servent à créer des cubes, pour cela il en faut huit. D’autres cubes plus rares existent, ce sont les anti-cubes, uniquement ostensibles par résolution de casse-tête ou trouvables dans des coffres.

D’autres objets, les cartes au trésor indiquent des endroits spéciaux tels que des plateformes invisibles et des passages.

Le concept de FEZ est tout ce qu’il y a de plus simple en apparence : on se dirige avec le stick gauche et on saute avec le bouton Croix. La petite particularité de FEZ tient à la possibilité de changer de plan. Le fait de changer ainsi de point de vue va venir aplatir toutes les distances et faire apparaître de nouveaux chemins. Les distances étant toutes relatives, il vous faudra donc constamment jeter un œil aux quatre perspectives pour trouver votre voie. Deux plates-formes éloignées l’une de l’autre pourront ainsi se rapprocher par la magie des effets d’optique. FEZ n’est pas le premier titre à creuser cette idée, on se souvient par exemple que les Paper Mario s’amusaient à nous faire naviguer d’une dimension à l’autre et on peut facilement trouver d’autres titres indépendants exploitant la même idée. Le gameplay de FEZ n’est donc pas d’une originalité radicale mais il est parfaitement maîtrisé et c’est ce qui fait sa force. On pourrait croire que la progression à travers les niveaux s’installe dans une certaine routine, et pourtant, même si le concept de base est simple, il arrive à se renouveler suffisamment pour nous tenir en haleine.

Un petit chef d’œuvre

FezMalgré quelques petits bugs, le jeu est considéré comme « LE » jeu rétro de l’année 2012 par les médias spécialisés et les joueurs en général. Si les lags en question sont désormais corrigés, les critiques, elles, ne changent toujours pas, admis en tant que « genre de jeu révolutionnaire ». Ces critiques sont d’ailleurs soutenues par la qualité de la bande-son, elle aussi très « rétro », composée par Disasterpeace.

Si FEZ constitue un bon jeu de plates-formes, c’est sous l’aspect d’un jeu de réflexion qu’il finit par nous conquérir totalement.

Il faudra certes vous creuser un peu la tête afin de trouver suffisamment de fragments de cubes pour terminer l’aventure une première fois, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui vous attend. Encore une fois, le monde que vous explorez est proprement immense et recèle une foule de petits secrets plus ou moins accessibles. Aurez-vous la patience de dénicher tous les cubes et tous les anti-cubes, de découvrir tous les coffres à trésor, d’ouvrir toutes les portes verrouillées, de trouver tous les raccourcis, de flasher les codes QR ? Le jeu propose heureusement un New Game + afin de nous laisser le temps de chercher toutes ces petites surprises. Ce n’est pas tout, il vous faudra ressortir vos crayons et un bon vieux bloc-notes pour décrypter les indications secrètes disséminées ici ou là. Autant dire que les amateurs d’énigmes ardues vont pouvoir s’amuser. Autant les versions XBLA et PC souffraient de quelques bugs à leur lancement, autant nous n’avons rencontré aucun souci technique sur cette version PSN. Cerise sur le gâteau, elle est disponible en cross buy sur PS3, PS4 et sur PS Vita et il existe un système de cross-save entre ces différentes plates-formes. Comprenez par-là que vous n’achetez qu’une seule fois le jeu pour l’avoir sur les trois supports et que vous pouvez passer assez librement d’une console à l’autre tout en gardant votre sauvegarde.

VERDICT : FEZ est un jeu incroyable, mais vous en rendrez compte par vous-même. Une véritable poésie se dégage de sa direction artistique, mais ce n’est pas tout. Son gameplay s’appuie aussi sur un concept rafraîchissant et il fourmille surtout d’énigmes toutes plus intelligentes les unes que les autres. On est au-delà du simple bon jeu vidéo, FEZ est un chef-d’œuvre et il ne tient plus qu’à vous de le découvrir.

 

9

Extraordinaire

Lythande, la conceptrice du site: son histoire commence grâce à Marion Bradley Zimmer et Game Republic. Experte du secteur des jeux vidéo, elle a écrit pour les magazines les plus importants de l’Italie, tels que Game Republic, PS Mania et Pokémon Mania. @LythandeLister

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